jeudi 2 avril 2020

COVID-19 : Les prescriptions de la COBAC aux banques

Le régulateur du secteur bancaire en Afrique centrale recommande aux établissements de crédits de respecter des normes prudentielles de gestion pour faire face aux conséquences économiques du Coronavirus.

Quel sera l’impact économique de la crise sanitaire consécutive à la pandémie du Coronavirus sur les économies sous-régionales ? Difficile pour l’instant d’avoir une idée précise même si la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) entrevoit un risque de récession économique.
S’appuyant sur de fiables indicateurs, entre autres, le confinement de la population qui entraine un ralentissement de l’économie, la mobilisation des moyens financiers par les Etats en riposte contre la propagation de la maladie, la baisse des activités dans les principaux domaines de production à l’instar du pétrole qui constitue la principale source de revenus pour les pays de la région, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) attire l’attention des établissements de crédit, sur les risques encourus liés à cette pandémie.
Sur l’applicabilité du plan d’urgence pour la gestion des risques liés au COVID-19, la circulaire du Secrétaire général de la COBAC Halidou Yerima Boubakari souligne que « cette pandémie impactera la croissance économique, les politiques budgétaires des Etats en raison des fluctuations de prix du baril de pétrole, ainsi que la rentabilité du système bancaire de la région ».
En d’autres termes, l’inquiétude de la COBAC réside au fait que la crise sanitaire actuelle – dont il est difficile de prévoir la durée  – impactera la capacité de remboursement de la clientèle avec pour conséquence, la dégradation de la qualité des portefeuilles de crédits ainsi que celle de la rentabilité des banques.
« S’agissant de la qualité du portefeuille  des crédits, les établissements de crédits de la microfinance devront effectuer la revue de leur portefeuille et les évaluations de risques conformément aux dispositions réglementaires en vigueur à leurs procédures et aux bonnes pratiques pour évaluer l’impact du COVID-19 sur leur situation financière », précise la COBAC.
Pour le gendarme du secteur bancaire en Afrique centrale, il s’agit notamment de faire preuve de prudence en cas de restructuration des prêts accordés aux entreprises évoluant dans les secteurs fortement touchés par cette crise sociale.
Dans cette optique, la COBAC préconise de « renégocier les conditions de leur octroi (échéance, taux d’intérêt, commissions) et à discuter des moratoires ou des périodes de grâce ».
Par ailleurs, à travers des mécanismes internes de  fonctionnement, il revient aux banques de prendre des dispositions appropriées pour s’assurer qu’ils disposent de fonds propres suffisants pour faire face à la crise. La COBAC a enjoint aux établissements de crédit et de microfinance de communiquer jusqu’au 15 avril 2020 délai de rigueur, les dispositions prises en rapport à ces prescriptions applicables aux six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
source: https://www.financialafrik.com/2020/03/31/covid-19-les-prescriptions-de-la-cobac-aux-banques-2/

Microcrédit: le report des échéances est accordé aux demandeurs en crise

Les emprunteurs auprès des associations de microcrédit peuvent également bénéficier du report des échéances de leurs crédits. Plus de 900.000 personnes sont concernées avec un encours dépassant les 7 milliards de DH. Des annonces plus détaillées sont attendues incessamment.
Microcrédit : Le report des échéances est accordé aux demandeurs en crise


Depuis la déclaration de l'état d'urgence sanitaire, le comité de veille économique (CVE) a multiplié les mesures de soutien en faveur des différents acteurs: les entreprises en difficulté, les salariés et les travailleurs de l'informel.
Parmi ces mesures figure le report des échéances de crédits auprès du secteur bancaire. Une mesure officiellement opérationnelle depuis lundi 30 mars. Se pose alors la question sur le sort des emprunteurs du réseau des associations du mircrocrédit.
Selon les derniers chiffres disponibles sur le site de la Fédération nationale des associations du microcrédit (Fnam) arrêtés à fin juin 2019, le microcrédit compte 908.751 clients actifs avec un encours de 7,21 milliards de DH dont 3,59 milliards de DH de prêts débloqués au premier semestre de 2019. Le microcrédit moyen est de 7.933 DH. 
Cette population est-elle aussi concernée par les mesures de report des échéances ? Médias24 a posé la question à la Fnam.
"Quand il y a des demandes de report, on les satisfait immédiatement", nous répond Ahmed Ghazali, président de la Fnam. Le report est accordé automatiquement aux demandeurs qui ont été touchés par les répercussion de la crise sanitaire.
"Nous sommes dans une logique de proximité avec notre clientèle et nous sommes à l'écoute de leurs besoins, c'est l'ADN même de la microfinance. Mais il va falloir aller plus loin, il nous faut une posture commune au sein de la profession. Nous sommes en train de la maturer", ajoute notre interlocuteur.
En effet, le président de la Fnam nous assure que les membres de la Fédération nationale des associations de microcrédit sont en concertation, depuis quelques jours déjà, entre eux et avec les autorités, pour présenter un dispositif plus global.
"Nous sommes conscients de la nécessité d'être solidaires dans le cadre du processus en cours et des mesures à mettre en place pour aider socialement et économiquement notre pays. Nous allons incessamment avoir de la visibilité sur cette question", conclut notre source qui assure qu'une communication se fera dans les meilleurs délais.
La microfinance touche une population fragile à risque qui ne peut prétendre à des financements auprès du secteur bancaire. De ce fait les associations de la microfinance sont beaucoup plus fragiles économiquement et financièrement. Selon les chiffre de la Fnam, le ratio portefeuille à risque 30 jours s’est établi autour des 4.11% fin juin 2019.
Le dispositif doit donc être réfléchi de telle sorte à soulager les populations impactées par la crise tout en préservant l'équilibre financier et économique des associations de microfinance.

source https://www.medias24.com/microcredit-le-report-des-echeances-est-accorde-aux-demandeurs-en-crise-9012.html

samedi 7 décembre 2019

Micro-crédits : les associations commencent à accorder des prêts à 150 000 DH

Une plateforme, nommée Rifso, est mise en place afin de canaliser les demandes. Les organismes doivent miser sur la formation des ressources humaines.

Il y a un an, le plafond des financements pouvant être accordés par les associations de microcrédit était passé de 50 000 DH à 150 000 DH. Cette mesure a été actée par le projet de loi 85.18 modifiant la loi 18.97 relative aux microcrédits. Des avancées ont été enregistrées depuis, pas au niveau de toutes les associations certes, mais celles qui disposent d’une capacité financière suffisante pour accorder un crédit d’un niveau aussi élevé. Car, disons-le, cela nécessite non seulement une base financière solide, mais également des compétences humaines et techniques et des agences dédiées à cette activité. Le but final étant d’améliorer l’accès au financement, de renforcer l’intégration du microcrédit dans le paysage financier et d’appuyer les activités génératrices de revenus.


L’association Al Amana Microfinance, ayant pénétré ce marché pendant cette année, se démarque dans le secteur. «Nous comptons déjà des crédits octroyés à un montant de 150 000 DH, à des TPE», déclare Youssef Bencheqroun, directeur général d’Al Amana Microfinance. En effet, «nous nous sommes liés à un partenaire allemand, en partenariat avec la BEI et Proparco, afin de bénéficier d’un accompagnement dans la construction d’un portefeuille et dans la mise en place d’un dispositif, avec des agences dédiées à cette catégorie de la clientèle», ajoute notre source.
Pour commencer, l’association a financé surtout le fonds de roulement et les besoins de trésorerie, causés inéluctablement par les effets des longs délais de paiement. Cela ne veut pas dire que le volet investissement ou encore exploitation sont exclus de l’activité de financement. «Nous nous orienterons vers cela au fur et à mesure du développement de produits adaptés», ajoute M.Bencheqroun.
La grande nouveauté en la matière, c’est la mise en place d’une plateforme, nommée Rifso, afin de canaliser les demandes de crédits.
Il s’agit de la première Fintech marocaine qui a développé une marketplace dématérialisée de bout en bout (Paperless) facilitant ainsi l’accès au financement de l’exploitation des TPE, des auto-entrepreneurs, et des professionnels, tout en favorisant l’inclusion financière. Les entreprises souhaitant un financement pourront effectuer une demande de financement en ligne et recevoir une réponse en 48h. Plus besoin de se déplacer, une signature électronique suffit.
Les taux d’intérêt seraient moins élevés que ceux accordés aux particuliers. Le relèvement du plafond des crédits accordés supposerait que le taux d’intérêt serait astronomique. Non, répondent les professionnels contactés. Ils ne seraient pas en décalage avec ceux pratiqués par les banques. «Plus élevés certes, puisque le modèle même d’une association de micro-crédit est loin d’être similaire à celui de la banque conventionnelle, mais ne devraient pas atteindre les taux accordés aux particuliers», explique une source. Il faut noter, par ailleurs, que le taux d’intérêt n’est pas parmi les premières préoccupations des clients. Ces dernières sont liées surtout aux montants de financement, au manque d’accompagnement et de conseil.
Si certaines se sont lancées dans cette activité, d’autres le sont moins ou sont toujours en cours de préparation, car, il faut le dire, cela nécessite une mise à niveau importante, tant au niveau de la formation des ressources humaines que d’offres destinées à la TPE, ou encore de gestion des risques… «Accorder un financement de 150 000 DH au lieu de 50 000 DH relève de la mésofinance, se situant à mi-chemin entre la banque et le micro-crédit. Un travail préalable de scoring est exigé, au même titre qu’une étude de marché et des garanties exigibles…», conclut M. Bencheqroun. Quoi qu’il en soit, une médiatisation du produit est à entamer. D’ailleurs, la Fédération des associations du micro-crédit est en cours de préparation d’une campagne, afin de vulgariser cette mesure et d’inviter les opérateurs du marché à s’inscrire dans la même démarche.



https://www.lavieeco.com/economie/micro-credits-les-associations-commencent-a-accorder-des-prets-a-150-000-dh/

samedi 30 novembre 2019

Microcrédit à hauteur de 150.000 DH : Bonne initiative ou cadeau empoisonné ?

Il y a un an, et suite à l’adoption de la loi 85-18 modifiant la loi 18-97 relative aux microcrédits, il est désormais possible pour les ménagent et les TPE de bénéficier d’un crédit consommation ou d’un financement à hauteur de 150 000 DH par les organismes bancaires et les associations spécialisées à ce niveau.
Une bonne nouvelle certes, mais cela veut dire que les ménages et TPE seront amenés à payer une traite importante, ce qui devrait les exposer à de nombreux risques, dans le cas où ils n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. S’agit-il d’une bonne initiative pour encourager les investissements et les ménages à avoir une grande assiette concernant les microcrédits, ou bien d’un « cadeau empoisonné » ?
Pour Omar Kettani, professeur d’économie à l’Université Mohammed V de Rabat, et vu le contexte économique actuelle du pays, « il s’agit bel et bien d’un cadeau empoisonné ».
Et comme réponse à l’appui, cet économiste avance, dans une déclaration à Hespress FR , « qu’il y a une tendance à la hausse des impôts, surtout pour 2020. Il y a une tendance à une crispation des activités économiques et de la production. De plus, les pronostics pour 2020 ne sont pas très favorables au niveau de l’épargne et des chances d’épargner, et ne sont pas très favorables aussi au niveau de la croissance économique qui observe un ralentissement de l’activité ».
De même, « l’État va augmenter les dépenses publiques, parce qu’il a embauché ou va embaucher 23.000 agents de l’administration. Celui-ci a déjà emprunté 1 milliard (d’euros) pour les obligations publiques souveraines. Et donc, les PME et les ménages ont recours à l’emprunt dans des situations de crise. Or, les banques, en même temps qu’elles soient très méfiantes vis-à-vis des crédits aux PME, elles accordent des facilités pour les crédits à la consommation », poursuit notre interlocuteur.
Selon Kettani, « cela va, justement, à l’encontre du bon sens du plan national et de la responsabilité sociale. Non seulement l’État perd de plus en plus de sa rationalité et de sa souveraineté. Preuve à l’appui : les dernières négociations avec l’Union européenne, qui ont imposé au gouvernement d’augmenter la taxe sur les exportations de 17,5 % à 20 % pour rendre encore plus chers nos produits à l’exportation. Donc on perd la capacité de négociation ».
Comme il l’a bien déclaré à mainte reprise au micro de Hespress FR , l’économiste nous rappelle que « l’endettement de l’État est maintenant l’endettement des ménages. Ce qui veut dire, la perte de souveraineté du Maroc, et la perte de la capacité de négociations. Or, on est bel et bien dans ce processus-là », soulignant qu’il ne comprend pas pourquoi « l’État n’a plus aucun frein ». Et d’ajouter « le Parlement ne sert plus à rien, parce qu’il aurait dû bloquer un certain nombre de mesures. Or, il donne l’aval. Donc l’État a la main libre. Il travaille exactement pour les intérêts étrangers, d’une manière plus au moins systématique. Et donc, je ne vois pas comment on va s’en sortir ».
Kettani estime pareillement « qu’on est en train de mettre en péril l’avenir de nos enfants, parce qu’ils vont naitre avec une dette très forte. Une dette à la fois publique et privée. Parce que la question qui se pose est est-ce que les ménages qui s’endettent vont-ils être capables de rembourser leurs dettes, où à leur mort, c’est leurs enfants qui vont en hériter ? Alors, quel avenir est-on en train de préparer pour nos enfants, si parallèlement à l’endettement de l’État on est en train de favoriser de plus en plus l’endettement des ménages. Et les chiffres sont choquants, quant à l’endettement des ménages, qui s’est multiplié par trois ou quatre » soulignant qu’« on est à la dérive ».
Dans son dernier discours, le roi Mohammed VI s’est adressé aux banques marocaines, les invitant à s’activer pour le développement de l’économie nationale. Cependant, la question qui se pose est si les banques et établissements de crédit ont mal compris et interagi avec le message royal ?
En réponse à notre question, Omar Kettani « aurait souhaité », face à ce vœu et cette demande adressés par le roi aux banques, que « l’État propose une nouvelle assurance pour les PME, chaque fois que les banques lancent des investissements et financent des investissements de cette catégorie d’entreprise ».
Selon lui, « cela ne va en aucun cas entraîner une sortie d’argent pour l’État, mais va donner suite à la création d’une caisse qui sécurise les PME en cas de risque. Parce que les banques ne sont pas en totalité responsable du marasme économique, que nous vivons actuellement et qui pourrait être un début d’un grand marasme, mais c’est plutôt les gouvernements qui le sont ».
Ainsi, notre interlocuteur estime que « les banques en tant qu’institution de financement ont une part de responsabilité, mais n’ont pas la totale responsabilité. Donc, lorsqu’il y a une situation de rétorsion des banques à prêter les PME, et les banques prêtent systématiquement à l’État sous forme de bon de trésor, et l’État prête aux banques à court terme par le réescompte de la banque centrale, il y a une connivence entre les banques et la banque centrale, et ceux qui sont hors circuit, c’est les PME ».
Pour conclure, notre interlocuteur se pose une question, notamment qui va sortir les ménages en difficulté de leur situation, si ceux-ci « recourent au crédit en situation de crise nationale, qui va les sortir de cette difficulté ? Si l’économie en générale et elle-même en processus d’entrée en crise à moyen et long terme. Et le risque c’est qu’on va tomber sous le joug des pays qui interviennent chez nous, du FMI en général, mais en particulier de la présence française massive au Maroc, de l’Espagne et des États-Unis. Donc, où allons-nous ? ».

https://fr.hespress.com/111447-microcredit-a-hauteur-de-150-000-dh-bonne-initiative-ou-cadeau-empoisonne.html

jeudi 28 novembre 2019

La mesure du risque opérationnel

la multiplicité des causes relatives au risque opérationnel, il est difficile d’appliquer une méthode d’évaluation le délimitant exhaustivement. Néanmoins, les banques peuvent choisir entre trois modes de calcul pour le mesurer. Le premier, le plus simple, consiste à retenir 15% de la moyenne des chiffres d’affaires réalisés par la banque sur les trois dernières années. Le second, légèrement plus complexe, consiste également à appliquer un taux sur un chiffre d’affaires, mais ce taux diffère selon les lignes métier, variant de 12 à 18% compte tenu des activités de l’établissement bancaire. Enfin, la dernière option de mesure est une approche dite avancée, sur base d’un modèle interne développé par l’entreprise, à partir de données collectées et représentatives des incidents opérationnels avérés sur une période plus ou moins longue. Cette troisième méthode est généralement employée par les grands établissements bancaires car plus précise quant à la détermination des risques, mais aussi bien souvent moins exigeante en fonds propres comparativement à une évaluation standard. C’est d’ailleurs ce dernier point qui motiverait les régulateurs à peut-être abandonner la méthodologie dite avancée dans un avenir plus ou moins proche.

mercredi 27 novembre 2019

Qu'est ce que la microfinance

Pourquoi un taux d’intérêt élevé dans la microfinance

un intérêt est la somme que doit verser, sous forme de revenus, un emprunteur à celui qui lui  prête de l’argent pour pouvoir en faire usage. Le taux d’intérêt est le pourcentage de ce revenu annuel par rapport à la somme prêtée. Pour l’emprunteur ou débiteur, le taux d’intérêt est le prix qu’il faut payer pour emprunter de l’argent: Prix de la dette

Il existe dans le secteur bancaire un taux nominal qui peut être variable pour les institutions financières et un taux effectif global (TEG) fixé par la Banque Centrale

les  taux  d’intérêt  appliqués  intègrent  généralement  trois  éléments :  le  coût  de  la ressource, la marge de la banque et la prime de risque. Cette dernière couvre un vaste champ de risques liés à l’environnement des affaires. En plus, les banques rencontrent beaucoup de difficultés avec les décisions de justice dans les différends qui les opposent avec les clients qui ne respectent pas les engagements et dans l’exécution des garanties

Les taux d’intérêt  sont établis de façon à permettre l’offre de services financiers durables, à long terme et à grande échelle. Les IMF se doivent d’utiliser des taux d’intérêt leur permettant de couvrir leurs coûts administratifs, le coût du capital (y compris le coût de l’inflation), les pertes sur créances et une augmentation de leurs fonds propres.

les institutions de Microfinance se refinancent au niveau des banques classiques ou bailleurs de fonds à un taux négocié et revendent l’argent aux clients. Par conséquent leurs taux d’intérêt sont beaucoup plus élevés par rapport aux banques commerciales. L’essentiel est de connaître le taux d’intérêt effectif et d’être transparent sur le coût total à supporter par le client.